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Mohamed Lamine Bangoura : 7 ans de prison et ses biens confisqués

Écrit par sur 22 octobre 2026

L’ancien président de la Cour constitutionnelle guinéenne, Mohamed Lamine Bangoura, a été condamné mercredi 21 octobre 2026 à Conakry à sept ans de prison par la CRIEF. La juridiction l’a reconnu coupable de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, de corruption et de blanchiment, et ordonne la confiscation de ses biens.

La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), présidée par Alpha Camara, a assorti la peine d’une amende de 2 milliards de francs guinéens et de cinq ans d’inéligibilité. Les biens de l’ancien haut magistrat situés en Guinée et au Sénégal sont confisqués au profit de l’État. Le tribunal l’a en revanche relaxé du chef de faux et usage de faux.

Ses deux coprévenus, Sidiki Sylla et Amadou Diallo, jugés en leur absence car en fuite, écopent chacun de dix ans de prison et de 5 milliards de francs guinéens d’amende. Des mandats d’arrêt ont été décernés contre eux. Les trois hommes devront verser solidairement 41 milliards de francs guinéens à l’État. Pour une quatrième personne poursuivie, Roguiatou Barry, l’action publique s’est éteinte avec son décès.

Que reprochait-on à Mohamed Lamine Bangoura ?

Le dossier porte sur la gestion de l’argent public versé à la Cour constitutionnelle, autour de 20 milliards de francs guinéens. Pendant le procès, les parties civiles ont mis en avant un immeuble à Dakar, évalué à plus de 400 millions de francs CFA, et un autre à Nongo, dans la banlieue de Conakry, estimé à plus de 3 milliards de francs guinéens, selon RFI. Sa défense répliquait que l’institution recevait 1,2 milliard par trimestre, entre 3 et 5 milliards à chaque élection et 20 milliards par an.

Mohamed Lamine Bangoura a toujours contesté les accusations. Ses avocats plaidaient la relaxe et dénonçaient un dossier vide. En juin, le parquet spécial avait requis dix ans de prison, 50 milliards de francs guinéens d’amende et la saisie de tous ses biens. La peine prononcée reste donc en deçà des réquisitions.

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Le juge qui avait validé le troisième mandat d’Alpha Condé

Mohamed Lamine Bangoura avait pris la tête de la Cour constitutionnelle en septembre 2018, après l’éviction de Kéléfa Sall, au terme d’une crise ouverte au sein de l’institution. Jusqu’en 2021, il a présidé la validation des scrutins et des référendums, dont la nouvelle Constitution de 2020 qui a permis à Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Détenu depuis le 15 décembre 2022, il fait partie des quelque 180 hauts responsables et anciens ministres du régime Condé visés par la CRIEF depuis la création de cette juridiction par les militaires arrivés au pouvoir en septembre 2021.

Un appel en vue ?

L’État compte passer rapidement à l’exécution. « Nous allons les jours à venir entreprendre les démarches pour que cette décision soit effective dans son exécution », a déclaré Me Antoine Pépé Lamah, avocat de l’agent judiciaire de l’État. Il a ajouté que l’État défendrait le jugement si le condamné saisissait la juridiction d’appel. L’ancien président de la Cour constitutionnelle peut encore faire appel de la décision.

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