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Lou Donaldson aurait eu 100 ans

Écrit par sur 29 août 2026

1926 marque la naissance de grands personnages. Miles Davis et John Coltrane sont certainement les plus célèbres, mais ne minimisons pas l’apport d’autres instrumentistes émérites que notre mémoire ne doit pas éluder. Né le 1er novembre 1926 à Badin en Caroline du Nord, Lou Donaldson fut un saxophoniste pétulant à la lisière du swing et de la soul-music balbutiante. Il enregistra pendant près de 50 ans des albums palpitants dont certains devinrent des classiques comme Alligator Bogaloo. Il nous quitta à l’âge respectable de 98 ans.

Louis Andrew Donaldson Jr montre très tôt des aptitudes pour la musique. D’abord clarinettiste, c’est finalement au saxophone qu’il révèle son réel talent. Fortement influencé par Charlie Parker, il fait partie d’une génération nourrie par le blues ancestral et le Be Bop des années 40. À cette époque, de jeunes loups fougueux bousculent leurs aînés en proposant une lecture du jazz plus audacieuse. Les grands orchestres ne font plus recette après la crise économique de 1929 et de nouveaux virtuoses dynamitent le paysage sonore en petites formations. Les Miles Davis, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, redonnent de l’éclat à une forme d’expression qui épouse l’air du temps et les luttes sociales de plus en plus vives. Lou Donaldson a 20 ans et s’inscrit parfaitement dans cette mouvance artistique que l’on dit « révolutionnaire ».

Pourtant, très vite, les goûts du public changent et d’autres couleurs jaillissent. Lou Donaldson a, entre-temps, su se forger une réputation. Au milieu des années 50, il a déjà séduit Art Blakey, Horace Silver, Clifford Brown, Gene Ammons et Milt Jackson, entre autres, qui lui offrent un espace de jeu conséquent, propice au développement de son identité stylistique. Outre ses prestations remarquées aux cotés des grandes figures du moment, il commence à enregistrer ses propres disques pour le label Blue Note auquel il restera fidèle pendant plusieurs décennies. Sa tonalité s’affine et flirte avec les accents du Rhythm’n’Blues, annonciateur du Rock’n’Roll.

L’apparition du Free Jazz, à l’aube des années 60, va le déconcerter. Cette nouvelle approche très politique de l’interprétation ne lui sied guère. Peu enclin à suivre cette voie contestataire, il préfère le groove d’une Soul-Music plus consensuelle et spirituelle. Fils de pasteur, il n’a jamais oublié les préceptes de l’église même si son répertoire ne restituait pas forcément le caractère sacré d’une éducation religieuse. C’est en compagnie de l’organiste Jimmy Smith qu’il trouve le compromis idéal. Sans renier ses convictions musicales initiales, il parvient à imprimer un timbre et un tempo qui le distinguent de ses homologues.

Lou Donaldson a traversé le XXe siècle en faisant fi des modes et des genres. Il choisît de suivre son instinct. Cette philosophie de vie fut son élixir de jouvence. Lors de la célébration de son 97eme anniversaire, il fît l’effort de se rendre au Dizzy’s Club de Manhattan pour entendre et applaudir ses œuvres dignement interprétées par ses plus fidèles disciples. Il disparut un an plus tard, le 09 novembre 2024.

► Le site de Lou Donaldson.

 

Titres diffusés cette semaine :

– « What now my love » par Lou Donaldson (1995)

– « Parker’s mood » par Charlie Parker (1948)

– « Minor mood » par Clifford Brown Feat. Lou Donaldson (1953)

– « Hornin’ in » par Thelonious Monk Feat. Lou Donaldson (1956)

– « Lou’s Blues » par Lou Donaldson (1957)

– « Hot Dog » par Lou Donaldson (1969)

– « All day long » par Jimmy Smith Feat. Lou Donaldson (1956)

– « One cylinder » par Lou Donaldson (1967).


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