NSD RADIO

LE DIRECT

En ce moment

Titre

Artiste

Emission en cours

18:00 20:00

Background

Grève au Sénégal : les grévistes menacés de retenues sur salaire

Écrit par sur 22 octobre 2026

Deuxième jour de grève au Sénégal ce jeudi 22 octobre. Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) revendique 90 % de réussite pour la journée de mercredi, tandis que le ministère de la Fonction publique et du Travail juge le mot d’ordre illicite et rappelle aux grévistes qu’ils s’exposent à des retenues sur salaire.

Le mouvement a démarré mercredi 21 octobre et doit durer jusqu’au vendredi 23. Il touche le public, le parapublic, le privé et l’informel, au lendemain d’une marche organisée mardi à Dakar. Dans un communiqué, le FSDT revendique un « suivi massif et historique » dès la première journée, dans l’éducation, la santé, la justice, les transports, l’énergie, les collectivités territoriales et l’administration. Le front dénonce des « réquisitions illégales » ainsi que des « intimidations et menaces de certaines Directions », et appelle les travailleurs à « se mobiliser davantage » jusqu’à vendredi.

Dans les écoles, l’intersyndicale G7 a appelé à trois jours de grève totale, dix jours après la rentrée. À la Senelec, le SUTELEC poursuit son propre arrêt de travail pour réclamer le paiement de la prime de rendement, ce qui a conduit la direction à réquisitionner une partie des agents.

Pourquoi l’État juge-t-il la grève au Sénégal illicite ?

Le ministère dirigé par Mamadou Lamine Dianté conteste la forme du préavis. Selon lui, un préavis unique adressé au seul ministre de la Fonction publique et du Travail ne peut pas couvrir tous les secteurs. Pour les entreprises privées et parapubliques, le Code du travail (loi n° 2026-18) impose de saisir l’inspection du travail ou la Direction générale du travail. Dans la fonction publique, la loi n° 61-33 exige un préavis motivé d’un mois. Quant à l’éducation, aucun préavis formel n’aurait été déposé depuis le protocole d’accord du 16 avril 2026.

Le ministère énumère les risques encourus par les grévistes : retenues sur salaire, sanctions disciplinaires, perte des indemnités en cas de rupture du contrat. Il en appelle au « sens des responsabilités » des centrales et leur demande de suivre la requête du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, qui souhaite un gel des mouvements au moins jusqu’en janvier 2027.

Lire aussi : Grève générale au Sénégal : 42 % des promesses tenues, assez ?

Que réclament les syndicats du FSDT ?

Le front exige la réintégration des travailleurs licenciés, l’application des accords signés dans l’éducation, la santé, les collectivités, la justice et les transports. Les syndicats demandent aussi l’extension de l’indemnité de logement de 100 000 FCFA aux contractuels concernés, le recrutement de 3 700 agents de santé prévu pour 2027, la hausse des pensions de retraite et la limitation des CDD à deux ans, renouvelables une fois. Sans oublier une baisse des prix des denrées, des loyers et du transport.

Mamadou Lamine Dianté a reconnu que plusieurs engagements du Pacte national de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025, « ne sont pas encore concrétisés », citant les indemnités d’examen des enseignants toujours impayées. Il veut boucler 25 actions en cours avant décembre. Ces gestes n’ont pas suffi à faire lever le mot d’ordre, à neuf jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar, le 31 octobre.

Suivez toute l’actualité sénégalaise dans notre rubrique Dakar.

Lire aussi : Grève générale au Sénégal : neuf ministres en première ligne ce lundi


Les opinions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *