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Ebola au Nigeria : une souche sans vaccin arrive à Abuja

Écrit par sur 22 octobre 2026

Le premier cas d’Ebola au Nigeria appartient bien à la souche Bundibugyo, celle qui ravage la RDC depuis le printemps et contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. Trois séries de tests moléculaires réalisés par le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC) ont abouti au même résultat, a indiqué Olajumoke Babatunde, responsable de son réseau de laboratoires. Le virus de cette flambée vient ainsi de franchir le continent jusqu’en Afrique de l’Ouest.

La patiente, une femme installée à Abuja, avait atterri dans la capitale fédérale le 3 octobre en provenance d’Ouganda. Elle n’a été testée que le 19 octobre, une fois son voyage connu des autorités. Selon le ministre de la Santé, Muhammad Ali Pate, elle est placée à l’isolement et reçoit des soins. Son état s’est aggravé jusqu’à une défaillance de plusieurs organes.

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Douze jours sans diagnostic, 44 contacts à surveiller

Le point faible du dossier tient au calendrier. La médecin nigériane Ayoade Alakija relève que douze jours se sont écoulés entre les premiers symptômes et le test. Avant son isolement, la patiente avait été prise en charge dans un hôpital privé de la capitale.

Les autorités ont recensé 44 contacts, en majorité des soignants. Son mari, un ressortissant suisse qui vit avec elle à Abuja, figure parmi eux. Les passagers de son vol depuis l’Ouganda sont aussi recherchés, même si les autorités estiment qu’elle ne présentait pas de symptômes pendant le trajet. Les établissements de santé publics et privés ont été placés en alerte maximale, avec consigne d’isoler sans délai tout cas suspect.

Une question reste sans réponse : l’origine exacte de la contamination. L’Organisation mondiale de la santé avait déclaré la fin de l’épidémie en Ouganda le 25 août. L’OMS ne signale à ce stade aucune transmission secondaire sur le sol nigérian.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : cas d’Ebola à Yopougon ? réaction des autorités

Ebola en Afrique : cinq pays touchés par la souche Bundibugyo

Le Nigeria devient le cinquième pays touché par cette flambée, déclarée en mai dans la province congolaise de l’Ituri. La RDC en reste l’épicentre, avec 9 552 cas confirmés et 4 602 décès au 20 octobre, un bilan sans précédent pour une épidémie d’Ebola dans le pays. À l’est du continent, le Kenya a enregistré son premier décès début octobre et comptait neuf cas confirmés au 20 octobre, tous liés au même foyer.

Pour le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, l’épidémie ne concerne plus un seul pays. Il prévoit de réunir les ministres africains de la Santé la semaine prochaine pour coordonner la riposte aux frontières et évaluer les capacités hospitalières.

L’absence de vaccin change la donne par rapport aux crises passées. Le vaccin Ervebo, utilisé contre la souche Zaïre, n’est pas homologué contre Bundibugyo. Trois candidats vaccins financés par la CEPI depuis juin restent au stade expérimental. Isoler les malades et retrouver leurs contacts reste donc la seule arme disponible.

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Le précédent de 2014 au Nigeria

Le pays connaît déjà ce scénario. En juillet 2014, un voyageur malade débarqué à Lagos avait introduit le virus au Nigeria. Le pays avait limité les dégâts à une vingtaine de cas et huit morts, et l’OMS l’avait déclaré débarrassé d’Ebola le 20 octobre 2014. Douze ans jour pour jour plus tard, Abuja annonçait son nouveau cas.

À l’époque, la riposte reposait sur un suivi serré des contacts, la méthode que le NCDC remet aujourd’hui en œuvre. Un cas confirmé ne signifie pas pour autant qu’une épidémie s’est installée en Afrique de l’Ouest. L’OMS demande toutefois aux pays de la région de renforcer leur surveillance, leurs laboratoires et le contrôle aux points d’entrée.


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