Peine de mort au Burkina : le parricide aussi dans le viseur
Écrit par sur 22 octobre 2026
Le terrorisme n’est pas le seul crime concerné. En rétablissant la peine de mort, le Burkina Faso l’étend aussi à l’espionnage, à la haute trahison, au parricide et à l’importation de produits périmés ou prohibés ayant provoqué un décès. Le nouveau Code pénal a été voté mardi 20 octobre à Ouagadougou, à l’unanimité des 71 députés de l’Assemblée législative.
Ce texte remplace celui de 2018, qui avait supprimé la peine capitale sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré. Huit ans plus tard, le pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré fait marche arrière. Le projet avait déjà été adopté en Conseil des ministres en décembre 2025.
Le capitaine Traoré dirige le pays depuis le coup d’État de septembre 2022. Depuis 2015, le Burkina subit les attaques de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui contrôlent ou menacent de larges pans du territoire.
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Peine de mort au Burkina Faso : l’argument du recrutement djihadiste
Le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, a porté la réforme devant les députés. Son raisonnement part du terrain. D’après lui, les groupes armés attirent leurs recrues en leur assurant qu’en cas d’arrestation, elles ne risquent au pire que la prison à vie. La sanction suprême doit faire tomber cet argument. Elle visera les auteurs d’actes terroristes comme leurs complices.
L’effet dissuasif annoncé se heurte pourtant à un précédent. Le pays n’a procédé à aucune exécution depuis 1988, alors que la peine capitale figurait encore dans la loi jusqu’en 2018. Pendant trente ans, la menace est donc restée théorique. Tout dépendra désormais des tribunaux, et de la volonté des autorités d’aller au bout des condamnations.
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Avec ce vote, Ouagadougou s’aligne sur ses partenaires de la Confédération des États du Sahel, le Mali et le Niger, dont les législations n’ont jamais aboli la peine de mort.
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Ânes, cybercriminalité et langues nationales
La peine capitale ne résume pas ce Code de 933 articles. Le texte crée des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication. Il sanctionne aussi l’abattage et l’exportation d’ânes et de chevaux. Le pays avait déjà tenté de freiner ce commerce, nourri par la demande chinoise en peaux d’âne.
Le gouvernement prévoit enfin de faire traduire le Code dans les langues nationales, pour que les Burkinabè connaissent les règles qui s’appliquent désormais à eux.