Biographie Téné Birahima Ouattara : le puissant numéro 2
Écrit par sur 20 octobre 2026
La biographie Téné Birahima Ouattara tient dans un paradoxe : le plus discret des frères du chef de l’État est devenu, le 23 janvier 2026, le numéro 2 du gouvernement ivoirien. Téné Birahima Ouattara, 70 ans, cadet du président Alassane Ouattara, est vice-Premier ministre et ministre de la Défense. Il tient l’armée depuis mars 2021, après deux décennies passées dans la banque puis une longue période à la tête de la sécurité présidentielle.
Qui est Téné Birahima Ouattara, le frère d’Alassane Ouattara ?
La plupart des notices biographiques le font naître le 12 février 1956. Quelques portraits retiennent 1955. Son lieu de naissance n’a jamais été précisé publiquement, ce qui laisse un trou dans toute biographie Téné Birahima Ouattara un peu sérieuse. On sait en revanche d’où vient la famille : Kong, dans l’actuelle région du Tchologo, au nord de la Côte d’Ivoire.
Il appartient à une fratrie nombreuse. Alassane, l’aîné, est né en 1942, soit quatorze ans plus tôt. Un autre frère, Gaoussou Ouattara, a longtemps dirigé la mairie de Kong avant de lui passer le relais.
À Abidjan, on l’appelle « Photocopie ». La ressemblance avec le président est frappante, du visage à la silhouette. Lui-même en a tiré une anecdote, racontée lors d’un entretien diffusé fin 2025. Un jour, dans l’appartement de son frère, la Première dame Dominique Ouattara l’aurait pris par la main en lançant « Chéri, allons-y », avant de se retourner, interloquée : « Tu n’es pas Alassane ? »
Vingt ans de banque avant la politique
Sa première carrière se fait loin des casernes. Titulaire d’une maîtrise en économie obtenue à l’université d’Abidjan en 1982, il entre la même année à la Société générale de banques en Côte d’Ivoire (SGBCI). Il y reste une décennie et finit à la direction des opérations.
En 1992, il passe à la Banque Atlantique Côte d’Ivoire, dont il devient secrétaire général jusqu’en 1999. Suivent la direction générale de la société SNG, de 2000 à 2003, puis l’Institut international pour l’Afrique (IIA), qu’il administre jusqu’en 2011.
La politique, il l’a pourtant rejointe tôt, mais par la porte de service. En 1994, il figure parmi les membres fondateurs du Rassemblement des républicains (RDR), le parti créé pour porter son frère. Il en tient la trésorerie. Un poste sans tribune, qui annonce déjà le style de l’homme.
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Biographie Téné Birahima Ouattara : de Kong au palais présidentiel
L’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, en 2011, au sortir de la crise postélectorale, change tout. Le cadet est élu député de Kong la même année. En 2012, il devient ministre des Affaires présidentielles. Derrière cet intitulé administratif se cache un portefeuille sensible : la Garde républicaine et le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) passent sous son autorité.
Il garde ce ministère jusqu’en 2019. Entre-temps, il ancre son pouvoir dans le Nord. Maire de Kong à partir de 2013, à la suite de Gaoussou, il prend en 2018 la présidence du conseil régional du Tchologo. Les électeurs l’y reconduisent en septembre 2023. Il siège aussi au Conseil national de sécurité, l’organe qui coordonne la politique sécuritaire autour du chef de l’État.
En février 2019, il plonge dans le dossier sécuritaire et prend le commandement de l’Unité de lutte contre le grand banditisme (ULGB). Un an plus tard, dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, des jihadistes venus du Burkina Faso attaquent le poste mixte de Kafolo, à la frontière nord. L’armée annoncera un bilan définitif de 14 morts. Les critiques pleuvent alors sur l’appareil de renseignement. Moins de deux semaines plus tard, les autorités annoncent la capture du chef présumé du commando.
Téné Birahima Ouattara, ministre de la Défense depuis mars 2021.
Ministre de la Défense depuis la mort de Hamed Bakayoko
S’ouvre alors le chapitre le plus exposé de la biographie de Téné Birahima Ouattara. Le 8 mars 2021, Hamed Bakayoko, Premier ministre et ministre de la Défense, est soigné à l’étranger. Téné Birahima Ouattara récupère la Défense par intérim. Bakayoko meurt deux jours plus tard en Allemagne. Le 6 avril 2021, la composition du gouvernement de Patrick Achi le confirme au poste. Il y restera dans tous les gouvernements suivants, avec le rang de ministre d’État.
Son ministère couvre des fronts très divers. Au nord, il faut contenir la menace jihadiste qui pèse depuis Kafolo. À l’intérieur, l’orpaillage illégal mobilise un groupement spécial, le GS-LOI. Devant les sénateurs, en 2024, le ministre avait défendu le bilan des opérations tout en mettant en cause la complicité des populations riveraines des sites, qui selon lui ramène sans cesse les forces à leur point de départ.
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Sur la scène extérieure, il soigne la relation avec Paris. En juin 2026, en marge du salon Eurosatory consacré à la défense, il est reçu par le Premier ministre français Sébastien Lecornu. « Nos échanges ont porté sur certains sujets d’intérêt commun, notamment dans le domaine de la défense et la recherche de nouvelles perspectives de partenariat », résume-t-il à la sortie.
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Le 4 décembre 2024, Téné Birahima Ouattara accueille Amanda Dory, sous-secrétaire américaine à la Défense par intérim, à son ministère.
Quelques mois plus tôt, le 5 janvier 2026, une organisation non gouvernementale ivoirienne, Balle à Terre, l’avait désigné « homme de l’année 2025 » à l’issue d’un sondage mené auprès d’acteurs de la société civile, de journalistes et d’analystes. Elle citait le renforcement des forces armées et la stabilité intérieure. En recevant le prix à Abidjan, le 19 février 2026, il l’avait dédié aux soldats morts en service, de Kafolo à Grand-Bassam en passant par le Mali : « C’est à eux que je dédie ce prix. »
Que change son poste de vice-Premier ministre ?
Début 2026 ouvre le chapitre le plus récent de la biographie Téné Birahima Ouattara. Son nom circule alors pour la primature. Le 21 janvier, Alassane Ouattara reconduit finalement Robert Beugré Mambé, l’ancien gouverneur du district d’Abidjan qui dirigeait déjà le gouvernement depuis octobre 2023. Le frère s’empresse d’adresser au chef du gouvernement ses « vives et chaleureuses félicitations ». Deux jours plus tard, le décret n°2026-08 du 23 janvier 2026 dévoile une équipe de 34 membres. En tête de liste figure une fonction inédite : « Vice-Premier ministre, ministre de la Défense ».
Ce titre lui permet de remplacer le Premier ministre à la présidence du Conseil de gouvernement quand celui-ci est absent ou empêché. Pour une partie de la classe politique, le poste n’a pas été créé pour la forme. Nous avions détaillé ce que cache la montée en puissance de Téné Birahima Ouattara une fois connus les cahiers des charges des ministres.
Ce gain de galons suit une campagne de terrain. Aux législatives du 27 décembre 2025, il conduit la liste du RHDP à Abobo, commune populaire du nord d’Abidjan. Le 24 novembre, au siège local du parti, il fixe le ton : « Abobo, c’est le AdoLand. Et ici, nous n’avons pas droit à l’échec. » Il y recueille plus de 92 000 voix.
Ce soir de novembre, il a aussi un mot pour les militants écartés des listes. « Le choix qui a été opéré a peut-être laissé des personnes sur leur faim », admet-il. Puis : « Je voudrais dire à tous ceux qui n’ont pas été retenus, de se dire que l’avenir est devant nous. »
Le RHDP et la question de la succession
Reste la question qui hante chaque biographie Téné Birahima Ouattara : celle de l’après-Alassane. Ancien trésorier du RDR, il pèse dans le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti présidentiel. Avant la présidentielle de 2025, son nom revenait parmi les candidats possibles si le chef de l’État ne se représentait pas. Alassane Ouattara a finalement brigué un quatrième mandat et l’a obtenu en octobre 2025 avec 89,77 % des voix.
Interrogé en août 2025 par un quotidien abidjanais sur la « demi-douzaine » de successeurs potentiels évoquée par le président, il avait répondu sans fermer la porte : « Ce serait un honneur pour moi de faire partie de la demi-douzaine dont parle le Président. Mais, pour l’instant, je reste concentré sur mes responsabilités. »
Sur le plan constitutionnel, c’est le vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, qui remplacerait le chef de l’État en cas de vacance du pouvoir. Le vice-Premier ministre n’a aucun rôle dans ce mécanisme. Pour suivre ces équilibres au sommet, retrouvez l’actualité politique ivoirienne et nos biographies de personnalités ivoiriennes, dont celle de son frère aîné, retracée dans notre article sur le parcours et la carrière politique d’Alassane Ouattara.
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Sommaire
Qui est Téné Birahima Ouattara, le frère d’Alassane Ouattara ?Vingt ans de banque avant la politiqueBiographie Téné Birahima Ouattara : de Kong au palais présidentielMinistre de la Défense depuis la mort de Hamed BakayokoQue change son poste de vice-Premier ministre ?Le RHDP et la question de la succession