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Biographie Amadou Coulibaly : la voix du pouvoir

Écrit par sur 17 octobre 2026

Biographie Amadou Coulibaly : ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien depuis le 6 avril 2021, Amadou Coulibaly, dit « AM’S », est la voix qui rend compte de chaque Conseil des ministres. Ancien enfant de troupe, professeur de lettres passé à la communication d’Alassane Ouattara, il a été réélu député de Korhogo en décembre 2025 avant de céder son siège pour rester au gouvernement. Ses répliques à Tidjane Thiam et à Laurent Gbagbo en font l’un des ministres les plus exposés.

Biographie Amadou Coulibaly : ne pas le confondre avec Gon ni avec Koulibaly

Le nom prête à confusion, et pas seulement chez les lecteurs étrangers. Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre de 2017 à sa mort le 8 juillet 2020 et candidat désigné du RHDP pour la présidentielle de 2020, est une autre personne. Amadou Coulibaly est présenté comme son neveu.

Mamadou Koulibaly, avec un K, n’a rien à voir non plus. L’économiste a présidé l’Assemblée nationale de 2001 à 2011 sous Laurent Gbagbo avant de fonder son propre parti, LIDER, membre de l’opposition.

Biographie Amadou Coulibaly : enfant de troupe, puis prof de français

En 1980, le jeune Amadou réussit le concours d’entrée en sixième à l’École militaire préparatoire technique de Bingerville. Il appartient à la 41e promotion et garde un lien fort avec l’amicale des anciens enfants de troupe, dont il a été l’invité d’honneur en mai 2021.

Il poursuit à l’École normale supérieure d’Abidjan, où il obtient une licence de lettres modernes, puis décroche un diplôme au Centre d’étude et de recherche en communication (CERCOM) de l’université de Cocody. En 1990, il commence à enseigner au lycée municipal de Koumassi. D’anciens élèves se souviennent d’un professeur de français à l’éloquence remarquée.

Biographie Amadou Coulibaly : vingt ans dans l’ombre de Ouattara

Le militant s’engage au RDR dans les années 1990. De 1998 à 2000, il est vice-président national du Rassemblement des jeunes républicains, puis secrétaire national adjoint chargé de la communication du parti de 1999 à 2005.

Entre 2003 et 2008, il dirige le service communication et relations publiques du ministère d’État de l’Agriculture, alors tenu par Amadou Gon Coulibaly. À partir de 2006, il conseille Alassane Ouattara, président du RDR, pour sa communication. Les journalistes qui couvraient le parti avant 2010 le connaissaient comme leur interlocuteur principal.

Avec l’élection d’Alassane Ouattara, il suit le nouveau président au palais. Conseiller chargé de l’audiovisuel et des technologies de l’information de 2010 à 2015, il devient ensuite directeur des services extérieurs de la Présidence. En 2017, il conseille aussi Henriette Dagri Diabaté à la tête du RDR. Conseiller diplomatique en 2018, il obtient le rang d’ambassadeur l’année suivante.

Amadou Coulibaly, ministre de la Communication depuis 2021

Le 6 mars 2021, il remporte les législatives dans la circonscription de Korhogo sous-préfecture. Un mois plus tard, le 6 avril, il entre au gouvernement de Patrick Achi comme ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, porte-parole du gouvernement. Il succède à Sidi Tiémoko Touré, un autre ancien de l’EMPT. Au lendemain de sa nomination, il écrit : « Nous avons le devoir de créer un environnement paisible pour l’épanouissement des générations actuelles et celles à venir ».

Le 20 avril 2022, son ministère s’élargit à l’Économie numérique. Le périmètre se resserre en octobre 2023 avec le gouvernement de Robert Beugré Mambé, quand il passe le numérique à Ibrahim Kalil Konaté pour redevenir ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. C’est l’intitulé qu’il conserve dans le gouvernement Mambé II, nommé le 23 janvier 2026.

Biographie Amadou Coulibaly, novembre 2023 : le ministre de la Communication lors d’une remise de bourse à des journalistes à Abidjan. Photo : Maad86 / CC0, Wikimedia Commons

Réélu député de Korhogo aux législatives du 27 décembre 2025, il ne siégera pas. Le 26 janvier 2026, il remet ses attributs à son suppléant, Émile Sorho, comme il l’avait fait en 2021, la Constitution interdisant de cumuler un mandat de député et un poste de ministre. « Je souhaite à Monsieur Emile Sorho, comme lors du mandat précédent, un plein succès », dit-il ce jour-là.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : Amadou Coulibaly cède son siège de député

Biographie Amadou Coulibaly : pourquoi ses mots font-ils réagir ?

Le porte-parole ne se contente pas de lire le communiqué du Conseil des ministres. Il prend des initiatives personnelles répondant souvent sèchement, loin donc du favorisons « un environnement paisible » de ses débuts de fonctions. En mars 2025, il reproche à Tidjane Thiam, président du PDCI, d’avoir parlé du chef de l’État et de ses partisans en disant « ces gens-là », y voyant du mépris et de la condescendance, et lui renvoie le rapport d’une commission parlementaire suisse sur ses années bancaires.

Lire aussi : « Ces gens là… », Amadou Coulibaly dénonce l’arrogance de Tidjane Thiam

En juillet 2026, c’est au tour de Laurent Gbagbo, ancien Président de la République de Côte d’Ivoire de se faire recadrer. Lors d’un meeting, le ministre qualifie d’« enfumage » le « Pacte social » du PPA-CI et rappelle les rédactions brûlées et les journalistes tués sous l’ancien président. Le parti de Gbagbo dénonce des propos « mensongers », « méprisants » et injurieux, et le PPA-CI répond publiquement à ses critiques. Le 22 juillet, au palais, il assume : « Quand je suis à ce pupitre, je suis porte-parole du gouvernement ». Puis : « Amadou Coulibaly est 100% RHDP, Amadou Coulibaly est 100% porte-parole tant que le chef de l’État lui fera confiance ».

En septembre 2026, l’orpaillage illégal devient le nouveau terrain d’affrontement. Face à Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, qui relie le phénomène à la rébellion de 2002, il soutient que l’orpaillage est ancien et cite la réforme du Code minier et le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal.

Lire aussi : Orpaillage illégal : Amadou Coulibaly répond aux accusations de l’opposition

Le 14 octobre 2026, interrogé après le Conseil des ministres sur les garanties réclamées par le PDCI pour le retour de Tidjane Thiam, il renvoie aux procédures en cours : « Seul le juge d’instruction pourrait vous le dire ». Puis, piquant : « Peut-être serait-il bon que son parti déclare la fin de sa mission pour qu’il rentre dans son pays ».

En effet, Tidjane Thiam a prétexté une mission pour le PDCI-RDA afin de quitter la Côte d’Ivoire. Une fois à Paris, où il réside depuis, il se présente comme un exilé politique en raison de menaces directes qui pèseraient sur sa sécurité en Côte d’Ivoire. Il réclame des mesures spéciales, notamment la garantie du gouvernement ivoirien qu’aucune poursuite ne sera engagée contre lui une fois de retour sur le territoire. Le gouvernement, qui affirme n’avoir connaissance d’aucune poursuite contre le président du PDCI-RDA, refuse ce type d’accord. D’où la réplique d’AM’S, qui demande au PDCI-RDA de décréter le retour de Thiam afin qu’il vienne jouer son rôle de président d’un parti politique en Côte d’Ivoire.

Biographie Amadou Coulibaly : le porte-parole du gouvernement en novembre 2023 à Abidjan. Photo : Maad86 / CC0, Wikimedia Commons

Officier de l’Ordre national, Amadou Coulibaly a été fait commandeur de l’Ordre du Mérite de la Communication en mai 2021, puis du Mérite de l’Économie numérique en 2022 et de l’Ordre du Mérite national en septembre 2023. D’autres parcours ministériels sont à lire dans nos biographies de personnalités ivoiriennes, et ses prochaines sorties dans l’actualité politique ivoirienne.

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