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Réseau gazier du Sénégal : 348 milliards cherchés, et la facture ?

Écrit par sur 14 octobre 2026

Le Réseau gazier du Sénégal cherche 530 millions d’euros, soit près de 348 milliards de FCFA, pour trois nouveaux tronçons de gazoduc. Son directeur général, Pape Momar Lô, a présenté le dossier aux investisseurs le lundi 12 octobre au Cap, lors de l’Africa Energy Week.

Le Sénégal était partenaire « Platinum » de cette édition sud-africaine de l’Africa Energy Week. Dans la « deal room » réservée aux projets en quête de financement, Pape Momar Lô a détaillé trois segments baptisés Vert, Bleu et Orange, dont les travaux doivent démarrer en 2027 pour une mise en service visée en 2029.

« Ce n’est pas seulement une infrastructure que nous construisons. Nous construisons un pays », a lancé le patron de la société publique, avant d’appeler les capitaux du continent à se mobiliser : « Il est temps que l’Afrique aide à construire l’Afrique. »

Que financeront les 348 milliards de FCFA ?

Le segment Vert, le plus cher, est estimé à 220 millions d’euros pour 110 km. Il doit transporter le gaz excédentaire du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, vers le reste du réseau. Le segment Bleu, 180 millions d’euros sur 100 km, affiche la plus grosse capacité avec 713 millions de pieds cubes par jour : il doit alimenter six centrales électriques et six sites industriels. Le segment Orange, 130 millions d’euros pour 45 km, desservira six industries et une centrale.

Une enveloppe de 25 millions d’euros est réservée à l’indemnisation des personnes touchées par les tracés.

Lire aussi : Projet « Gas to Power » au Sénégal, à quoi s’attendre ?

Le segment Nord déjà en chantier

Ces trois tronçons viendront compléter le segment Nord, dont la première canalisation a été posée le 10 septembre à Gandon, dans la région de Saint-Louis, en présence du ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf. Long de 85 km, dont environ 45 km en mer jusqu’à Léona et 40 km à terre, ce premier maillon coûte 275 millions d’euros. Il doit acheminer le gaz du hub GTA vers la future centrale de Gandon, prévue pour 250 MW. Les travaux, confiés au groupement italien Sicilsaldo, Micoperi et Enereco, étaient avancés à 25,8 % lors de la cérémonie.

À terme, le réseau doit compter cinq segments sur près de 400 km, pour un coût global d’environ 650 milliards de FCFA. Il reliera les trois sources de production du pays, GTA, Yakaar-Teranga et Sangomar, aux pôles de Tobène, Cap des Biches, Sendou et Malicounda, avant la région de Dakar. La capacité visée atteint 2,5 milliards de mètres cubes par an.

Le gas-to-power fera-t-il baisser la facture d’électricité ?

C’est la promesse du gas-to-power : produire l’électricité à partir du gaz extrait au large des côtes sénégalaises. Le ministre a lui-même tempéré les attentes à Gandon, en reconnaissant que le gazoduc ne suffirait pas, à lui seul, à faire baisser le prix du courant. Le coût final dépendra aussi du volume de gaz disponible, des frais de transport, du rendement des centrales et de l’état du réseau de distribution.

Lire aussi : Crise énergétique au Sénégal, Ousmane Sonko prévient

Pour suivre les grands projets du pays, consultez notre rubrique actualité du Sénégal.

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