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Gabon : les étrangers de nouveau ciblés dans des publications en ligne

Écrit par sur 11 octobre 2026

Au Gabon, une nouvelle campagne cible les ressortissants étrangers sur les réseaux sociaux. De vives réactions sont enregistrées sur la toile après la publication des chiffres du Recensement général de la population et du logement (RGPL) qui indiquent que les ressortissants étrangers représentent 34,1 % de la population générale. Dans la foulée, les frondeurs ont initié une marche de protestation contre « l’immigration incontrôlée ». Cette marche n’a finalement pas été autorisée.

Gabon : nouvelle polémique autour des ressortissants étrangers

Sur 3 518 621 habitants résidents, 1 200 256 sont de nationalité étrangère et 2 318 365 de nationalité gabonaise. Ces chiffres du RGPL ont ressuscité la colère de certains Gabonais qui ont toujours manifesté contre la présence des étrangers dans leur pays. Les manifestations et les publications virulentes contre les étrangers ne sont pas un nouveau fait dans le pays.

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Certains Gabonais ont toujours estimé que la forte présence d’étrangers dans le pays était la cause de leur situation précaire. Les étrangers sont constamment accusés de s’être accaparé des secteurs clés d’activités. « Nous sommes habitués. Chaque fois c’est la même chanson. Ce que nous faisons, c’est de ne pas répondre à la provocation », a confié une ressortissante étrangère dont la communauté est souvent prise à partir.

Comme c’était le cas il y a de cela un an, la nouvelle fronde contre les ressortissants étrangers est portée par des influenceurs et créateurs de contenus de grande notoriété. Mais ils ne partagent pas tous le même avis. Certains pensent qu’il faut arrêter de s’en prendre aux étrangers pour éviter d’attiser inutilement la haine. Tout est parti d’une vidéo de l’influenceuse « Tata Bertille » qui dénonçait les actes d’un taximan étranger qui aurait dégradé une route en construction.

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À la suite de la vidéo de Tata Bertille devenue virale, l’humoriste Chambre à Louer est monté au créneau. « Tata Bertille, je suis bien placé pour répondre à cette vidéo. La dernière fois, tu as créé un problème avec une nation sœur. Ce problème a été réglé par des gens des réseaux sociaux. Quand on sort du pays, il n’est pas rare d’entendre : vous les Gabonais, vous chassez les gens ! Non !! C’est Tata Bertille qui chasse les étrangers. Nous ne sommes pas tous comme ça », a affirmé Chambre à Louer.

« Il ne s’agit pas de rejeter les étrangers qui vivent légalement au Gabon »

Parlant des 34,1 % d’étrangers, Armand Mouloungui Essone estime que c’est le moment de se poser les vraies questions. « À mon avis, ce chiffre doit surtout nous pousser à nous poser les bonnes questions : quelle place voulons-nous donner aux Gabonais dans leur propre économie ? », a-t-il lancé.

Il ne s’agit pas de rejeter les étrangers qui vivent légalement au Gabon. Il s’agit de mieux maîtriser les flux migratoires, renforcer le contrôle des autorisations de travail et faire respecter la préférence nationale dans l’emploi lorsque les compétences gabonaises sont disponibles.

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Il invite les autorités à mettre en place des mécanismes performants pour créer davantage d’emplois, faciliter l’entrepreneuriat national et favoriser le transfert de compétences. « La solution n’est pas de fermer le Gabon au monde. La solution est de construire un Gabon où le citoyen gabonais est suffisamment formé, compétent et accompagné pour occuper pleinement sa place dans l’économie nationale. Notre pays doit rester une terre d’accueil, mais aussi une terre d’opportunités pour sa propre jeunesse », a recommandé Armand Mouloungui Essone.


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