Amadou Ba moque Dakar sur la Guinée-Bissau : le piège des locales
Écrit par sur 11 octobre 2026
L’ancien Premier ministre Amadou Ba a tourné en dérision, jeudi 9 octobre, le communiqué par lequel Dakar exige un calendrier électoral consensuel en Guinée-Bissau. Le chef de la Nouvelle Responsabilité renvoie le gouvernement sénégalais aux élections locales de janvier 2027, toujours sans décret de convocation.
« La meilleure blague de l’année. » La formule d’Amadou Ba vise le texte publié la veille par le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Dans ce communiqué du 8 octobre, Dakar prend acte des « contraintes juridiques, techniques et institutionnelles » avancées par les autorités de transition bissau-guinéennes pour retarder la présidentielle prévue le 6 décembre. Le Sénégal y pose une condition : « toute modification du calendrier électoral doit s’inscrire dans une démarche consensuelle, inclusive et transparente ».
Le ministère réclame aussi la levée des restrictions politiques à Bissau et un dialogue entre la transition, les partis et la société civile.
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Pourquoi Amadou Ba parle-t-il de « blague » ?
Pour le député, le Sénégal se trouve mal placé pour donner des leçons. Il accuse le pouvoir d’avoir reporté « sans aucune excuse légitime » les élections locales et de réclamer chez le voisin ce qu’il n’applique pas chez lui. La pique s’inscrit dans une série : la veille, Amadou Ba avait déjà averti que « ceux qui se sont alliés aux gens du SYSTÈME regretteront leur alliance bientôt », en saluant le travail des commissions d’enquête parlementaires. « Le peuple a ouvert les yeux », avait-il ajouté.
Où en sont les élections locales au Sénégal ?
Sur le plan formel, aucun report n’a été acté. Les conseillers municipaux et départementaux ont été installés en janvier 2022 pour cinq ans. Le 8 septembre, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a donné la date du 17 janvier 2027. Mais le décret convoquant le corps électoral n’a toujours pas été pris, alors qu’il faut environ quatre-vingts jours entre la convocation et le vote.
Le président Bassirou Diomaye Faye a lui-même entretenu le doute. Interrogé par France 24 et RFI en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, il n’a pas exclu un report, à condition qu’il soit consensuel, et a estimé qu’il n’y avait « rien qui urge ». Fin août, la Cour suprême avait rejeté les requêtes de l’opposition et d’un collectif citoyen qui voulaient contraindre le chef de l’État à fixer la date par décret.
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Le flou nourrit les soupçons. Les détracteurs du chef de l’État l’accusent de vouloir laisser à Kiiraay, son nouveau parti, le temps de s’implanter. Ousmane Sonko a prévenu que Pastef s’opposerait à tout report, qui devrait passer par une loi votée à l’Assemblée.
En visant la diplomatie sénégalaise, Amadou Ba, arrivé deuxième à la présidentielle de 2024, déplace le débat des locales vers la crédibilité de Dakar dans la sous-région.
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