Mohammed VI face à Madrid : le pacte migratoire a atteint ses limites
Écrit par sur 10 octobre 2026
Devant le Parlement réuni à Rabat le vendredi 9 octobre 2026, Mohammed VI a ouvert la 12e législature par un discours offensif sur la coopération migratoire. Le roi du Maroc juge que le modèle actuel, en particulier avec l’Espagne, « a atteint ses limites » et annonce un document stratégique pour le refonder.
Que reproche Mohammed VI à la coopération migratoire avec l’Espagne ?
Le souverain reconnaît « d’importantes avancées » dans le partenariat avec Madrid, surtout contre l’immigration irrégulière. Il s’en prend en revanche à des « dispositions légales dépassées » et à des « décisions judiciaires éloignées de la réalité » qui, selon lui, freinent le rapatriement des mineurs et des personnes « usurpant le statut de réfugié ».
Ces mots arrivent après un été tendu à Sebta. Fin juillet, des départs massifs à la nage ont visé l’enclave espagnole, et Madrid a commencé en septembre à répartir sur son territoire de nombreux mineurs marocains arrivés là-bas, quand Rabat réclame leur retour.
Sur la forme, le roi a durci le ton. Le partenariat reste « un choix souverain et un engagement volontaire », qui ne saurait faire l’objet « d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ». Il a aussi dénoncé les « déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques », sans désigner personne.
Un document stratégique pour une « orientation nouvelle »
Rabat va remettre à ses partenaires un texte fondé sur le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale. Ni son calendrier ni son contenu détaillé n’ont été dévoilés.
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Jeunesse, régions, souveraineté : les autres priorités du discours du roi
Le volet intérieur n’a rien de protocolaire. Mohammed VI veut faire de ce mandat un « véritable tournant », avec de nouvelles stratégies pour l’eau, l’énergie, l’alimentation, l’industrie, le numérique et l’intelligence artificielle. L’eau figurait déjà parmi les priorités affichées par le roi il y a quatre ans. Il demande aussi d’accélérer la constitution de réserves stratégiques de produits de première nécessité et attend du secteur privé un rôle plus entreprenant dans la création d’emplois.
La jeunesse doit désormais passer « en tête des politiques publiques et des préoccupations des instances de gouvernance ». Sur la déconcentration, le roi a laissé paraître son impatience : « Aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable. » Il exige le transfert réel de compétences et de moyens vers les régions, présenté comme « l’enjeu réel de la prochaine étape ».
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