Xénophobie en Afrique du Sud : la directive sur l’asile retirée
Écrit par sur 9 octobre 2026
Face à la flambée de xénophobie en Afrique du Sud, le ministère de l’Intérieur a retiré ce vendredi 9 octobre la directive qui obligeait ses centres à enregistrer toutes les demandes d’asile. La veille, des émeutiers avaient incendié 24 véhicules à Durban et à Soweto et pillé des commerces tenus par des étrangers.
L’annonce est tombée à Johannesburg. Le Department of Home Affairs explique que la mesure, émise le 28 septembre, a submergé en quelques jours les bureaux d’accueil des réfugiés, exposé ses agents et menacé l’ordre public. Le gouvernement impute la crise à la désinformation qui a circulé autour d’une décision de justice.
Que disait l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur les demandeurs d’asile ?
Tout part d’un arrêt rendu le 7 juillet dans l’affaire Scalabrini Centre of Cape Town. Les juges ont invalidé les dispositions de la loi sur les réfugiés qui fermaient la procédure à certains demandeurs pour des raisons de forme, comme une entrée illégale sur le territoire. Toute personne peut désormais solliciter une protection, quelle que soit la façon dont elle est arrivée. L’arrêt n’accorde pourtant ni statut de réfugié automatique, ni résidence permanente, ni droits particuliers aux sans-papiers, insiste Pretoria.
La directive du 28 septembre devait traduire cette décision aux guichets. Elle a été signée par le directeur général du ministère sans que le ministre ni les responsables politiques en aient été informés.
Xénophobie en Afrique du Sud : Durban et Soweto sous tension
Le 7 octobre au matin, environ un millier de personnes faisaient la queue devant le centre d’accueil des réfugiés de Che Guevara Road, à Durban. Des membres du groupe anti-immigration Insizwa Nobunsizwa sont arrivés armés de bâtons et de sjamboks, ces fouets en cuir, et ont fait fuir les étrangers malgré une forte présence policière. Leur chef, Nkosikhona Ndabandaba, assurait manifester pacifiquement contre l’arrêt.
Le lendemain, la situation a dégénéré. D’après Reuters, 14 véhicules ont brûlé à Durban et 10 à Soweto, le grand township de Johannesburg. Le lieutenant-général Puleng Dimpane a affirmé depuis Soweto que le calme était revenu. À Durban, le porte-parole de la police Robert Netshiunda parle d’une situation stabilisée grâce à une intervention rapide.
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Que va faire Home Affairs après le retrait ?
Le retrait ne touche pas à l’arrêt, qui reste en vigueur. Home Affairs n’a pas encore présenté le dispositif qui remplacera la directive. Le premier ministre de la province du Gauteng, Panyaza Lesufi, y voit un soulagement qui ouvre la porte à de nouvelles consultations.
Ces violences prolongent une vague de manifestations anti-immigrés qui a poussé des milliers d’étrangers à quitter le pays et tendu les relations de Pretoria avec plusieurs capitales africaines. Les migrants y sont régulièrement accusés de nourrir le chômage et la criminalité, des accusations que les chercheurs jugent sans fondement. Suivez nos informations sur l’actualité de l’Afrique du Sud.
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