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1926-2026 : Randy Weston aurait eu 100 ans

Écrit par sur 8 août 2026

1926 marque la naissance de grands personnages. Miles Davis et John Coltrane sont certainement les plus célèbres, mais ne minimisons pas l’apport d’autres instrumentistes émérites que notre mémoire ne doit pas éluder. Randy Weston fut l’un d’eux. Né le 6 avril 1926 à Brooklyn, New York, il fut un pionnier, une figure éminente du jazz qui croisa la route des légendes d’antan, Duke Ellington, Dizzy Gillespie, Hank Jones, mais aussi Fela Anikulapo Kuti au Nigeria. Son ouverture d’esprit et sa passion pour les cultures africaines ont façonné son écriture pianistique, sa musicalité et son existence tout entière.

Randy Weston avait une mission : rendre au continent africain sa valeur patrimoniale indéniable. Lorsqu’il découvre le Maroc en 1967, c’est le choc. Il se sent immédiatement chez lui et se fond dans les musiques gnawas. Il décidera d’ailleurs de s’installer à Tanger et y créera son propre club de jazz où ses contemporains passeront lui rendre fréquemment visite. Ainsi, Max Roach, Ahmad Jamal, Ahmed Abdul-Malik, Dexter Gordon, Stevie Wonder, James Brown, Marvin Gaye, Billy Harper, et tant d’autres, feront vivre ce lieu cosmopolite judicieusement nommé « African Rhythm Club ». Pour Randy Weston, le cœur battant des connaissances et du savoir ne pouvait être qu’en Afrique. « La preuve a été faite que l’humanité tout entière trouve ses origines en Afrique. Nous avons tous un lien avec l’Afrique : l’Europe, l’Asie, les Amériques, l’Océanie… Nous sommes tous liés à l’Afrique. Cela n’a pas été assez répété dans les écoles mais la musique peut être un excellent professeur. Pendant longtemps, les percussions africaines n’étaient pas admises dans la musique moderne. Aujourd’hui, vous les retrouvez partout. Pourquoi ? Parce que le rythme est une force spirituelle. Que ce soit Charlie Parker, Louis Armstrong ou les Gnawas du Maroc, la musique est une force vitale ». (Randy Weston au micro de Joe Farmer en juillet 2016)

Randy Weston montrait un vrai attachement à ses racines ancestrales. Cette obsession fut nourrie par des rencontres déterminantes. Le Mâalem Abdallah El Gourd guida ses premiers pas au Maghreb mais, bien avant de se rendre en Afrique du Nord, le jeune Randolph Edward Weston reçut une éducation parentale spirituelle et artistique stricte. « Mon père m’a très tôt parlé de mes racines africaines. Il m’a fait comprendre que j’étais un Africain né aux États-Unis, que les Noirs américains ont tous une histoire, une tradition. Il m’a signifié l’importance d’aller en Afrique mais, surtout, d’aider à la reconstruction de ce continent qui a connu tant de désastres. Ainsi, j’ai gardé en moi ce devoir d’agir en Afrique. Ce continent a tellement apporté au monde et si peu reçu en retour. Il est donc essentiel de jouer, d’enregistrer et de restaurer l’Afrique afin qu’elle retrouve sa grandeur passée ». (Randy Weston sur RFI en juillet 2016)

Chaque fois que Randy Weston s’exprimait, c’est un livre d’histoire qui s’ouvrait. Lorsqu’il nous quitta le 1er septembre 2018 à l’âge honorable de 92 ans, un pan entier de « L’épopée des Musiques Noires » sembla subitement s’évanouir mais la ferveur des hommages à l’échelle internationale fut si puissante qu’elle parvint à maintenir l’aura de cet homme de cœur qui trouvait alors certainement au-delà des cieux les réponses à ses nombreuses interrogations.

Randy Weston aurait eu 100 ans en 2026. Sachons honorer l’altruisme et la sagesse d’un virtuose, fils de l’Afrique et universaliste.

Le site de Randy Weston.

 

Titres diffusés cette semaine :

– « Hi Fly » par Randy Weston (1958)

– « Penny Packer Blues » par Randy Weston (1969)

– « Tanjah » par Randy Weston (1973)

– « Jamaica East » par Randy Weston (1973)

– « Sarala » par Hank Jones et Cheick Tidiane Seck (1995).


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