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Le 60eme Montreux Jazz Festival a scintillé de mille feux! (1ère partie)

Écrit par sur 25 juillet 2026

Du 3 au 18 juillet 2026, les abords du lac Léman en Suisse devenaient le centre névralgique du swing planétaire. Pour fêter sa 60ᵉ édition, ce rendez-vous musical majeur en Europe n’a pas lésiné sur les moyens, les surprises et les affiches exceptionnelles. De John Legend à Gregory Porter, de Deep Purple à Billy Cobham, de Marcus Miller à Charles Lloyd, en passant par The Roots, Raye et (cerise sur le gâteau) Alicia Keys, ils étaient tous là et nous aussi…

Cette constellation d’étoiles éclairait les légendes d’hier et d’aujourd’hui car l’histoire d’un festival s’écrit au quotidien. Ainsi, les grandes figures d’antan retrouvaient une seconde jeunesse grâce aux révérences appuyées de leurs contemporains ou de leurs héritiers. Le 16 juillet 2026, il y avait foule dans les coulisses. Deux orchestres semblaient vouloir raviver la flamme d’un créateur unique, l’illustre Miles Davis. Le batteur Billy Cobham (82 ans) fut le premier à monter sur scène. Certes, sa prestation n’était pas destinée à honorer le répertoire du regretté trompettiste, mais l’humeur jazz-rock de son groupe « Time Machine » nous rappelait combien sa contribution aux expérimentations électriques de son aîné avait marqué les esprits au début des années 70. « Miles m’a dit un jour : « Joue-moi quelque chose qui swingue ! » Je me suis exécuté et il a ajouté : « Super ! Joue exactement ça demain !  » Le lendemain en studio, il me dit : « Te souviens-tu de ce que je t’ai dit hier ? » J’étais dans mes petits souliers et j’ai hoché de la tête. Il a surenchéri : « Et bien, joue-moi ça ! » J’ai entamé un groove et soudain Miles me dit : « Ce n’est pas le rythme dont on parlait hier mais… continue, j’adore ! » Pour jouer avec Miles Davis, il fallait être prêt et respecter l’exigence du maestro. Il fallait surtout être en parfaite symbiose avec le chef d’orchestre et ses camarades de jeu. Il fallait être capable de créer un univers musical dans lequel la compétition n’existait pas. Il fallait pouvoir suivre instantanément les fulgurances du leader. Ce n’est pas donné à tout le monde, croyez-moi ! » (Billy Cobham au micro de Joe Farmer)

À l’affiche, ce 16 juillet 2026, Marcus Miller ressuscitait plus directement le patrimoine de Miles Davis en actualisant l’album « We Want Miles » enregistré à l’origine en 1981. Entouré de ses colistiers de l’époque, Bill Evans (saxophone), Mike Stern (guitare) et Mino Cinelu (percussions), le célèbre bassiste a transporté le public suisse dans les méandres de la nostalgie en prenant soin de ne pas altérer les compositions originelles. Cette filiation invisible entre les différents instrumentistes qui ont accompagné « L’épopée Miles Davis » était presque palpable à Montreux en cet été caniculaire. « Une note de Miles nous réunissait tous. Il cherchait en chacun de nous cette crédulité qui faisait jaillir notre créativité. Quiconque a joué avec Miles fait partie de la famille. Il suffit de nous regarder pour comprendre que nous avons un lien indéfectible. » (Mino Cinelu à Montreux, le 16 juillet 2026)

Si les icônes d’autrefois continuent de fasciner les jeunes pousses et de hanter la mémoire des aînés, l’inéluctable évolution des genres musicaux, des goûts du public, des modes de communication, impose aux programmateurs de trouver le bon équilibre. Le 60ᵉ Montreux Jazz Festival a su conjuguer sa légende à tous les temps. Et parfois, les générations se parlaient à travers la musique, notamment quand la jeune chanteuse britannique Sienna Spiro (20 ans) évoquait avec émotion le concert frissonnant de l’immense Nina Simone, 50 ans plus tôt, sur cette même scène. L’une tendait la main à l’autre au-delà des décennies. Même si le temps passe, la transmission se poursuit et façonne le paysage musical du XXIᵉ siècle.

► Pour en savoir plus

Le 60ᵉ Montreux Jazz Festival Billy Cobham Mino Cinelu

 

Titres diffusés cette semaine :

– « Times of my life » par Billy Cobham (2026)

– « Jack Johnson » par Miles Davis Feat. Billy Cobham (1971)

– « Incoming » par Billy Cobham (1989)

– « Song for Julie » par Mino Cinelu (2020)

– « Fast Track » par Miles Davis Feat. Mino Cinelu (1982)

– « Jean-Pierre » par Miles Davis Feat. Mino Cinelu (1982)


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