Le Thanda Choir au «chœur» de la tradition sud-africaine
Écrit par sur 4 juillet 2026
Depuis quelques mois, le Thanda Choir, jeune formation vocale sud-africaine, vit un rêve éveillé. Invitée par la chanteuse américaine Melody Gardot en juillet 2025 pour participer à sa série de concerts à l’Olympia à Paris, cette chorale composée d’une quinzaine de chanteurs et chanteuses originaires de Kayelitsha, près de Cape Town, a fait sensation et n’en finit plus de charmer les spectateurs du monde entier. Le 11 mai 2026, grâce aux équipes du festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances en Normandie, la force expressive de l’Afrique australe a jailli devant les micros de RFI.
Écouter le Thanda Choir, c’est se plonger dans le patrimonial sud-africain ancestral. Instantanément, l’écho de chœurs historiques résonne dans nos oreilles. Les Manhattan Brothers qui révélèrent Miriam Makeba, les Ladysmith Black Mambazo, le Soweto Gospel Choir, tous ces groupes portés par de somptueuses harmonies vocales ont accompagné en chansons la destinée d’un pays malmené par des choix politiques insensés et par une ségrégation féroce dont les stigmates restent palpables aujourd’hui. Le but du Thanda Choir est donc de chercher l’apaisement à travers des mots choisis et des notes inspirées. « Beaucoup de gens pensent encore que la politique sud-africaine est très instable mais nous ne voulons pas que cette image caricaturale nous détourne de notre but initial. Mandela s’est battu pour nous pendant des décennies et il est de notre devoir de montrer au monde entier que nous sommes un peuple libre. Notre pays n’est pas aussi divisé qu’on le dit. Nous nous soutenons les uns les autres, quelles que soient nos ethnies et nos traditions. Dans toutes les disciplines, le sport, l’art, la musique, nous cherchons à montrer l’unité du pays ». (Siviwé Nkozombi au micro de Joe Farmer)
La musique est certainement un vecteur de transmission paisible du savoir, de la connaissance et des émotions. Ressentir physiquement le message d’un interprète est possible tant que sa voix est entendue. Longtemps, l’apartheid a muselé les artistes. L’exil était la seule solution pour tenter d’exposer sa culture au-delà des frontières sud-africaines. Cet ostracisme a bâillonné un peuple pendant des décennies. L’élection de Nelson Mandela à la tête du pays en 1994 a certainement permis une ouverture démocratique mais il fallut du temps pour pouvoir savourer les trésors artistiques de cette contrée lointaine. Aujourd’hui encore, les traditions sud-africaines restent à explorer. « Le monde entier doit encore apprendre de nos traditions. Il existe beaucoup de cultures différentes en Afrique du Sud. C’est la raison pour laquelle nous essayons de montrer, à travers nos chants, la diversité de notre pays natal. Nous cherchons à faire entrer le public dans notre univers, lui donner une perspective différente à travers la musique. Nous montrons donc aux spectateurs la manière dont nous chantons, la manière dont nous dansons, afin de donner une meilleure visibilité de notre patrimoine ancestral à travers la musique ». (Zinziwé Mazotsho sur RFI)
Nul doute que les voix scintillantes du Thanda Choir révéleront progressivement les richesses musicales sud-africaines à l’échelle internationale. Le documentaire de Jack Zakrajsek et Jordan Wollman, qui leur est consacré, contribuera à donner une meilleure lecture d’une épopée, celle de jeunes gens, symboles d’une Afrique du Sud vivante, vivace et vivifiante !
The Thanda Choir : Official documentary teaser.
Titres diffusés cette semaine :
– « Mbube » par les Ladysmith Black Mambazo (1994)
– « Ingqumbo » par le Thanda Choir (Session privée à Coutances, le 11 mai 2026)
– « Shosholoza » par les Ladysmith Black Mambazo (1999)
– « Uthando » par le Thanda Choir (Session privée à Coutances, le 11 mai 2026)
– « Pata Pata » par Miriam Makeba (1967).