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Grève générale au Sénégal : 42 % des promesses tenues, assez ?

Écrit par sur 20 octobre 2026

À deux jours de la grève générale au Sénégal, prévue du mercredi 21 au vendredi 23 octobre 2026, le gouvernement a défendu son bilan lundi à Dakar. Le ministre Mamadou Lamine Dianté revendique 35 engagements tenus sur 84 dans le pacte de stabilité sociale et demande aux centrales syndicales de suspendre leur mot d’ordre jusqu’en janvier.

Neuf membres du gouvernement se sont présentés lundi 19 octobre devant la presse au building administratif Mamadou-Dia, au sortir d’une réunion d’environ cinq heures présidée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Le message tenait en une demande : reporter les 72 heures d’arrêt de travail annoncées par le Front syndical.

Que vaut le bilan du pacte de stabilité sociale ?

Signé pour trois ans, le pacte national de stabilité sociale compte 84 activités. Le ministre de la Fonction publique et du Travail en annonce 35 achevées, soit 42 %, et 25 en cours. « Aujourd’hui, on est à une année et cinq mois de mise en œuvre », a rappelé Mamadou Lamine Dianté, qui projette un taux de 71 % si les chantiers ouverts aboutissent d’ici la fin du semestre. Les retards existent, a-t-il admis, mais ils « ne relèvent pas d’une mauvaise volonté du gouvernement ».

Les résultats mis en avant concernent surtout l’emploi public. L’Éducation nationale recrute 4 527 enseignants, dont 2 000 déjà en poste,. La Santé a lancé le recrutement de 2 500 agents. À Dakar Dem Dikk, 240 contrats de prestation sont devenus des CDI. Au Port autonome de Dakar, 85 agents licenciés ont retrouvé leur poste et 162 autres sont en cours de régularisation depuis le 12 octobre.

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Pourquoi les centrales syndicales maintiennent la pression

Le mot d’ordre a été fixé dès septembre. Une dizaine de centrales, dont l’UNSAS de Marie Yvette Keïta Diop, avaient alors programmé la grève générale de 72 heures pour les 21, 22 et 23 octobre, après une première journée d’action le 10 juillet. Elles réclament le retour d’un dialogue tripartite entre l’État, le patronat et les syndicats, la fin des licenciements et une vraie place dans l’écriture des nouveaux Code du travail et Code de la sécurité sociale. La lenteur des réintégrations de travailleurs licenciés reste leur premier grief.

L’exécutif promet une feuille de route commune, des comités de dialogue social dans les ministères avant la fin de l’année et une rencontre tous les trois mois entre le Premier ministre et les partenaires sociaux, contre une seule par an jusqu’ici. Le comité de pilotage du pacte se réunira en janvier. « Le but de la discussion n’est pas la victoire, mais l’amélioration », a plaidé le ministre.

Le ton s’est durci sur un point. Mamadou Lamine Dianté a averti que « toutes les mesures nécessaires seront prises » pour garantir la libre circulation et la liberté de travailler, et que les agents qui cesseraient le travail hors du cadre légal s’exposent à des sanctions disciplinaires.

Une grève générale au pire moment pour le gouvernement ?

Le mouvement tomberait à quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, alors que le gouvernement affronte déjà Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, sur la loi de finances rectificative 2026. Les centrales doivent désormais dire si elles maintiennent l’arrêt de travail ou si elles acceptent le rendez-vous de janvier. Suivez la suite sur notre page actualité du Sénégal.

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