Ousmane Sonko défie Aminou Lô : la LFR 2026 en sursis ?
Écrit par sur 19 octobre 2026
Ce lundi 19 octobre 2026 à Dakar, Ousmane Sonko a invité le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô à un débat public sur les finances de l’État. Le président de l’Assemblée nationale prévient que Pastef ne votera pas la LFR 2026 sans encadrement légal des fonds spéciaux.
Face à la presse au King Fahd Palace, le leader de la majorité parlementaire a choisi l’offensive. Son successeur à la Primature porte un projet de loi de finances rectificative que Sonko juge éloigné de l’Agenda national de transformation, le programme sur lequel le pouvoir a été élu en 2024. « On peut discuter avec le Premier ministre actuel ou organiser un débat public contradictoire », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous sommes prêts à le faire. » Aucune réponse officielle de la Primature n’avait été rendue publique lundi soir.
Pourquoi Ousmane Sonko bloque-t-il la LFR 2026 ?
Le premier verrou concerne les fonds spéciaux. Le 15 octobre, le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution la loi organique votée le 1er octobre pour renforcer leur contrôle par les députés, en relevant des irrégularités dans le traitement des amendements du gouvernement. Sonko refuse d’en rester là. Les députés de Pastef ne voteront ni la LFR 2026 ni la loi de finances initiale 2027 tant que ces crédits échapperont à un cadre légal, a-t-il averti. « C’est un engagement politique du président de la République depuis 2019 », a-t-il rappelé, jugant « déshonorant qu’on en soit là ».
La méthode est annoncée. Le groupe parlementaire déposera des amendements pour inscrire l’encadrement dans les textes budgétaires. « Nous le mettrons en amendement. S’il vote bloqué, on rejette tout », a prévenu Sonko, tout en assurant : « Nous ne sommes pas là pour bloquer. » Il se dit ouvert à la négociation et renvoie à l’exécutif la responsabilité d’un éventuel blocage.
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Subventions énergétiques et dette, les autres griefs
Le patron de Pastef a aussi chiffré ce qu’il considère comme un recul social. Selon lui, les crédits consacrés aux subventions énergétiques passeraient de 790 à 552 milliards de francs CFA dans le texte, soit 238 milliards de moins. Il a évoqué le risque d’une nouvelle hausse du prix du gasoil, une mesure que le gouvernement n’a pas annoncée. Les bourses de sécurité familiale, les fonds sociaux et plusieurs mesures du plan de redressement figurent aussi parmi ses critiques.
Sur la dette, Ousmane Sonko accuse l’État d’avoir opté pour une restructuration sans le dire. Le gouvernement préfère parler de Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), une appellation qui sert selon lui à masquer la réalité. Cette LFR accompagne l’accord technique conclu en septembre avec le FMI pour 2,2 milliards de dollars sur 2026-2029, après des audits qui ont porté la dette publique à près de 130 % du PIB.
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Le rapport de force se jouera dans l’hémicycle, où Pastef contrôle l’essentiel du bureau et dispose d’une large majorité. Les députés doivent examiner la LFR dans les prochains jours. D’ici là, Aminou Lô devra dire s’il accepte le face-à-face ou s’il laisse les amendements trancher. Suivez la suite dans notre rubrique actualité du Sénégal.
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