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Centrafrique : les leaders de la société civile arrêtés sont sous mandat de dépôt.

Écrit par sur 18 octobre 2026

Il n’a fallu que deux jours de silence pour que le Procureur de la République entre dans la danse.

Dans un communiqué qu’il a personnellement lu à la télévision nationale (TCF), Guy Martial Damanguere, Procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui, explique que l’initiative liée à l’organisation de la « ville morte » pour protester contre la hausse des prix des carburants tombe sous le coup des articles 289 et suivants du code pénal centrafricain.

L’article cité indique que « sera puni de cinq à dix ans d’emprisonnement, quiconque s’affilie, adhère, ou de quelque manière que ce soit, participe à l’activité d’un groupement ou organisme qui tend par ses conseils, instructions, consignes ou par quelque moyen que ce soit, à provoquer la désobéissance aux lois et règlements ou aux ordres du Gouvernement ».

Le magistrat conclut donc que les auteurs de cette « ville morte » sont restés dans leur logique de troubler davantage l’ordre public et de pousser la population à la désobéissance civique. Et pour preuve, explique-t-il, ils se sont réunis pour organiser une autre opération ce lundi 19 octobre 2026 pour tenter de paralyser les activités scolaires, commerciales et économiques en Centrafrique.

Pour justifier ce placement sous mandat de dépôt, Guy Martial Damanguere reconnait que la liberté d’expression et le droit de réunion sont garantis par les textes fondamentaux, mais regrette-t-il, « ils ne sauraient en aucun cas servir de prétexte à troubler l’ordre public, à inciter à la haine ou au mépris des lois et règlements du pays ».

Pour rappel, les membres de la société civile arrêtés à Bangui sont Elysée Nguemalé, Quentin Ngbouando et Francis Bendo, respectivement activistes membres de l’Organisation de la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) et de la plateforme I-GWE. Le collectif des avocats assurant leur défense a publié un communiqué ce 17 octobre 2026 dans lequel ils affirment avoir été empêchés de rencontrer les prévenus.


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