Octobre 1966, la France découvre Jimi Hendrix
Écrit par sur 17 octobre 2026
Il y a 60 ans, le guitariste Jimi Hendrix donnait ses tout premiers concerts en France, dont une prestation à l’Olympia devenue historique. Ce chapitre éminent de son épopée est narré à la première personne par Yazid Manou, instigateur du premier festival Hendrix à Paris en 1990 et auteur d’un récit biographique vif et enthousiaste paru aux éditions Erick Bonnier.
L’histoire de Yazid Manou est singulière. Devenu, en l’espace de 30 ans, la référence « hendrixienne » en France, il ne se voyait pas écrivain jusqu’à ce que les éditions Petit à Petit le convient en 2022 à écrire les bulles d’une bande dessinée consacrée à son musicien préféré. Ces premiers textes furent finalement la trame de l’ouvrage que nous découvrons aujourd’hui et qui résument l’aventure d’un virtuose absolu dont on ne cesse de conter la destinée aussi brève que prodigieuse. L’intérêt de ce livre n’est pas seulement le voyage musical d’un maestro mais les petits détails que l’auteur, fort de ses recherches passionnées, distille tout au long des quelque 110 pages qui captent notre attention. Si tout semble avoir été dit, Yazid Manou puise dans ses archives, collectées depuis 50 ans, pour tenter de donner du crédit à des faits trop longtemps jugés incertains.
Ainsi, les premières prestations de Jimi Hendrix en France sont méticuleusement commentées, répertoriées, datées, illustrées. Une fantastique photo, dont les historiens se délecteront dorénavant, atteste de la venue d’un jeune guitariste américain à Nancy le 14 octobre 1966. La veille, il se produisait à Évreux avant de se rendre à Villerupt et à Paris (Olympia). À cette époque, Jimi Hendrix est inconnu. Il n’a pas encore fait paraître « Hey Joe », son premier grand classique emprunté au guitariste et harmoniciste Billy Roberts qui se serait, lui-même, approprié la paternité d’une œuvre issue du patrimoine populaire américain. Qu’importe ! La version qu’en donne le futur « guitar-hero » fait mouche et inscrit son nom dans l’imaginaire subversif de la génération pop des années 60.
En l’espace de quatre ans, Jimi Hendrix révolutionne la technique, la maîtrise et le son de la guitare électrique. Depuis sa disparition, le 18 septembre 1970, une somme d’enregistrements plus ou moins recommandables nourrit la ferveur des fans éplorés, mais ce procédé mercantile, s’il préserve l’image d’une icône, n’est pas intarissable et il est opportun de s’interroger sur la valeur de ce que l’industrie du disque osera proposer dans les années à venir. Il reste cependant des documents inédits soumis à d’intenses tractations juridiques. C’est le cas d’un film tourné au Royal Albert Hall de Londres en février 1969. Comme le raconte Yazid Manou dans son livre, un différend entre les ayants droit interdit la diffusion ou la commercialisation de ces images considérées comme le Saint Graal des aficionados. Aura-t-on un jour le plaisir de découvrir cette précieuse archive ? Entretenir l’espoir est peut-être le meilleur moyen de faire vivre une figure mythique… En attendant, savourons la dernière pépite, disponible depuis le 16 octobre 2026, l’intégralité du concert donné à Berkeley en Californie, le 30 mai 1970.
► À lire : Jimi Hendrix par Yazid Manou
► Site internet de Jimi Hendrix
► Titres diffusés cette semaine :
« Hey Joe » par Jimi Hendrix (1966)
« How Would You Feel » par Curtis Knight Feat. Jimi Hendrix (1965)
« Johnny B. Goode » par Jimi Hendrix (1970)
« Little Wing » par Jimi Hendrix (1969)
À écouter aussi« Voodoo Child (Slight Return) », The Jimi Hendrix Experience (1968)