Jacques Schwarz-Bart entre en résistance !
Écrit par sur 5 septembre 2026
Depuis Boston, où il vit actuellement, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart a perçu l’évolution progressive de la société américaine et s’inquiète des dérives autoritaires dont souffrent les démocraties occidentales en ce début de XXIe siècle. Face à ce péril, il convoque l’esprit de partage et d’unité que la musique peut nourrir. Avec Resistance, il entend agir sur les consciences et susciter un sursaut citoyen.
Jacques Schwarz-Bart a toujours ressenti ce désir de justice, certainement insufflé par le modèle parental. Sa mère, Simone, est une illustre écrivaine inspirée et engagée. Son père, André, a été résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et fut l’auteur d’un ouvrage majeur, Le Dernier des justes, prix Goncourt 1959. Il paraissait donc logique que cet élan frondeur résiste à l’érosion du temps et nourrisse la créativité de Jacques Schwarz-Bart dont les œuvres militent pour un idéal multiculturel que sa terre de Guadeloupe incarne naturellement.
Resistance est donc un disque important. Chaque titre évoque une personnalité, un combat ou des valeurs humaines universelles. « Maya » honore la mémoire de la regrettée Maya Angelou, poétesse et activiste afro-américaine, auteure du fameux récit autobiographique Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage. « Sarah » fait une révérence à Sarah Maldoror, réalisatrice et actrice française, anticolonialiste et femme de caractère. « Violetta » salue la mémoire de Violetta Chaville, présidente de l’association des cuisinières de Guadeloupe, dont les constants efforts pour préserver les traditions caribéennes la hissent au rang de pionnière. Jacques Schwarz-Bart n’oublie pas pour autant les liens familiaux et le devoir de transmission. Il dédie « Song for Abraham » à son père et « Ezra » à son fils.
Produire un disque dont le propos exprime clairement un sentiment contestataire ne doit pas l’enfermer dans la critique stérile et frontale. La nuance, la tempérance, la modération et l’espoir doivent aussi animer le discours de l’artiste. Jacques Schwarz-Bart y veille avec cette touche de malice qui identifie chacun de ses albums. Resistance n’échappe pas à la règle. Au-delà du sens que l’auditeur choisira de donner à ce nouveau répertoire, il est amusant de noter que le saxophoniste n’a fait appel ni à un pianiste ni à un guitariste. Il a préféré jouer avec la force rythmique du batteur Arnaud Dolmen et du contrebassiste Reggie Washington. Ce choix esthétique témoigne, une fois de plus, de l’ingéniosité piquante de cet incontestable virtuose.
Vous pourrez vous en convaincre les 15, 16, 17 octobre 2026, au Sunset-Sunside à Paris.
Site internet Jacques Schwarz-Bart
Titres diffusés cette semaine :
« Resistance » par Jacques Schwarz-Bart extrait de Resistance (2026)
« Maya » par Jacques Schwarz-Bart extrait de Resistance (2026)
« Violetta » par Jacques Schwarz-Bart extrait de Resistance (2026)
« Monté Pi Ho » par Jacques Schwarz-Bart extrait de Resistance (2026)
« Sarah » par Jacques Schwarz-Bart extrait de Resistance (2026)
À écouter aussiJacques Schwarz-Bart + Grégory Privat = «22»