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Que serait Earth Wind & Fire sans Maurice White?

Écrit par sur 13 juin 2026

Écrire une biographie du groupe de funk américain « Earth Wind & Fire » est un sacré challenge car le rôle prégnant de son fondateur occupe nécessairement une place centrale du récit. C’est pourtant l’exercice auquel s’est livré Belkacem Meziane, conférencier et auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux musiques populaires afro-américaines. 10 ans après la disparition de Maurice White, il évoque pour nous une épopée beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît…

Si l’on connaît aujourd’hui les grands classiques du groupe Earth, Wind & Fire, « Let’s groove », « Fantasy », « September », « Shining Star » ou « Boogie Wonderland », il serait peu courtois de réduire cette formation historique à ces quelques standards incontournables. Derrière les ritournelles scintillantes de cet orchestre légendaire, originaire de Chicago, il y a la ténacité d’un homme qui, curieusement, ne cherchait pas initialement le feu des projecteurs. Maurice White, disparu le 4 février 2016 à 74 ans, fut l’artisan méticuleux d’un succès qui le dépassera certainement. Batteur, compositeur, chanteur, producteur, il bâtira pas à pas un édifice artistique et financier redoutablement efficace.

Lorsque le groupe Earth Wind & Fire voit le jour au tournant des années 70, le mouvement psychédélique transforme l’univers sonore dans lequel évolue une jeunesse américaine de plus en plus attachée au respect des valeurs humaines. L’art en général, et la musique en particulier, épousent cette idéologie naïvement progressiste. La créativité débridée des artistes accompagne les revendications sociales et l’utopie d’un monde plus juste. Le guitariste Al McKay se souvient de l’humeur du groupe à cette période précise : « Nous étions un groupe « Peace and Love ». Notre message était simple : essayons de vivre ensemble dans l’harmonie. Nous voulions juste produire une musique qui touche le cœur de nos fans. Nous cherchions la paix intérieure et, en aucun cas, la rébellion. Nous n’appelions pas au meurtre, au saccage, à la violence. Moi, je voulais que le monde entier ne fasse plus qu’un. Je voulais que nous nous comprenions tous. Je ne comprenais pas que l’on puisse blesser son prochain, spirituellement, politiquement ou physiquement. Donc, je le répète, nous étions un groupe « Peace and Love ». Ça peut paraître un peu puéril et désuet aujourd’hui mais c’était notre credo ». (Al McKay au micro de Joe Farmer)

À partir de 1975, le répertoire d’Earth Wind & Fire évolue. La production, les arrangements, la musicalité plus pop, l’intention générationnelle, touchent une plus large audience. Le groupe ne s’adresse plus seulement au public afro-américain. Les choix de Maurice White font mouche et installent durablement son orchestre dans un environnement musical en vogue. Les concerts se multiplient, les foules grossissent, les tournées visent l’enjeu international. Le temps de la renommée est venu et consolidera la réputation funk d’un big band imparable. Plus de 50 ans après sa naissance, Earth Wind & Fire reste le marqueur indélébile d’une époque insouciante et d’une incontestable matrice musicale. Belkacem Meziane plonge dans la bande son de nos souvenirs que son livre biographique ravive avec force et une pointe de nostalgie.

⇒ Earth wind and fire, aux éditions Le mot et le reste

Site internet Earth wind and fire

Vidéo Earth wind and fire sur HBO max.

Titres diffusés cette semaine :

– « Shining Star » par Earth Wind & Fire extrait de That’s the way of the world (1975)

– « Remember the children » par Earth Wind & Fire extrait de Last days and time (1972)

– « Mighty Mighty » par Earth Wind & Fire extrait de Open your eyes (1974)

– « Getaway » par Earth Wind & Fire extrait de Live in Rio (1980).


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