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Quincy Jones : les films de sa vie

Écrit par sur 7 février 2026

Il ne fallait pas moins de 20 CDs pour honorer la mémoire du regretté producteur, compositeur, arrangeur et trompettiste afro-américain Quincy Jones, disparu le 3 novembre 2024 à 91 ans. L’anthologie qui paraît aujourd’hui ne s’arrête pas seulement sur les œuvres les plus connues de l’artiste. Elle met l’accent sur certaines facettes du personnage trop souvent omises des rétrospectives et, notamment, sa passion pour le cinéma et, singulièrement, les musiques de films.

 

Stéphane Lerouge, concepteur du coffret « The Legacy of Quincy Jones – 1951/2023 » nous en dit plus.

Qu’avons-nous retenu de la lumineuse destinée de Quincy Jones ? Le réflexe serait de mentionner immédiatement ses collaborations fructueuses avec Michael Jackson. Cette partie émergée de l’iceberg cache certainement d’autres trésors musicaux inestimables. De sa première prestation en qualité de trompettiste en 1951 dans l’orchestre de Lionel Hampton à sa dernière session de studio en 2023 pour diriger l’enregistrement du thème générique de la série « Peter Gunn », 70 ans se sont écoulés et le patrimoine artistique légué par ce grand personnage se délecte sans modération.

En suivant l’ordre chronologique des œuvres de Quincy Jones, on note instantanément l’évolution progressive d’un homme pressé d’apprendre, de se perfectionner, de faire tomber les barrières raciales et culturelles, de dépasser les limites imposées par l’esprit étriqué d’une société américaine trop conservatrice. Son choix de suivre les conseils de la grande pédagogue, Nadia Boulanger, à la fin des années 50, lui révèle des perspectives d’avenir insoupçonnées. Qu’il crée son propre Big Band, qu’il signe les arrangements de nombreuses productions cinématographiques, qu’il produise les albums de ses compagnons de route, l’exigence est la même. Quincy Jones ne veut pas être un compositeur afro-américain de plus dans l’industrie discographique, il veut faire oublier sa couleur de peau et imposer son statut de créateur capable de maîtriser avec le même enthousiasme différents langages harmoniques et rythmiques, le répertoire classique européen comme l’héritage du blues ancestral.

Il est un citoyen attentif aux métamorphoses sociales de son temps et flaire assez vite les potentiels soubresauts de son environnement sonore. Si le swing nourrit toutes ses fulgurances stylistiques, d’autres sources d’inspiration guident ses pas. Il devient ainsi un personnage incontournable capable de devancer les attentes de ses interlocuteurs. « The Legacy of Quincy Jones – 1951/2023 » révèle la maestria multidisciplinaire d’un artisan fascinant.

Quincy Jones.

Titres diffusés cette semaine :

– « Soul Bossa Nova » – Quincy Jones (1962)

– « Kingfish » – Lionel Hampton Orchestra (Featuring Quincy Jones) (1951)

– « In the Heat of the Night » – Ray Charles (1967)

– « Miss Celie’s Blues » – Tata Vega (1985).


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